Les livres ne craignent pas le sable

Entre baignades et farniente, les vacances sont une bonne occasion pour toute la famille de prendre le temps de lire.

Sous la plage, les romans. Chaque été, sur un coin de serviette, à l’ombre du parasol, les lecteurs redoublent d’ardeur. Au rythme des pages, sans stress, sans être dérangés, ils apprécient ce temps suspendu au seul fil de l’intrigue policière ou amoureuse. Ils espèrent également que leurs enfants feront de même et ouvriront un livre avec envie. «Les parents viennent nous demander conseil avant de partir en vacances, rapporte Nathalie Brönnimann, responsable de la section jeunesse de la Bibliothèque de Carouge. Même s’ils connaissent un peu les goûts de leur enfant, nous préférons discuter directement avec le jeune, savoir ce qu’il a lu récemment, quels sont ces centres d’intérêt». Soucieux d’en faire des lecteurs assidus, les parents peuvent influencer les choix. «C’est embêtant quand ils veulent jouer le rôle de prescripteur, observe Mme Brönnimann. Certains vont estimer par exemple que leur enfant est trop grand pour certaines lectures. Mais quel mal y a-t-il à lire ou relire des Max et Lili, des BD ou des mangas, quel que soit l’âge? Durant les vacances, ce qui compte, c’est le plaisir». Si la lecture est associée à l’idée de réussite scolaire, l’été, lui, rime avec liberté. Parmi les dix droits du lecteur édictés par Daniel Pennac, l’écrivain cite le droit de sauter des pages, le droit de ne pas finir un livre et même le droit de ne pas lire.

Le goût de lire
Au soleil, tranquille, la lecture semble épouser les courbes molles du temps qui passe. On prend un livre, on le ferme, on le reprend quand on veut. Mais si les enfants sont détachés de leur quotidien, voire ô miracle de leurs écrans, cela ne veut pas dire qu’ils vont ouvrir un livre. «Sans devoirs ou activité extrascolaire, la période estivale ne correspond pas pour autant à un désir de lecture, juge Mme Brönnimann. Les forcer risque d’être, pour eux, une expérience désagréable». Il y a cependant des moyens de les inciter, de les encourager sans les braquer. On peut trouver des romans, des albums dont l’action se déroule précisément à l’endroit où l’on va séjourner. «Le petit âne de Venise, Emma et Loustic à la Tour Eiffel sont des titres qui font découvrir à l’avance une ville à l’enfant qui a la chance d’y aller», souligne Mme Brönnimann. Quand nous nous promenons dans le lieu d’un récit, le réel et l’imaginaire se rejoignent et font de nous plus que de simples touristes. Les œuvres de fiction ont ce pouvoir de nous transporter à travers le temps et les lieux. Donner le goût de la lecture passe aussi par l’exemple. Un parent lui-même lecteur influence l’intérêt de l’enfant pour les livres. En tournant les pages d’une œuvre classique ou du best-seller de l’été, nous rendons ces moments familiers et cela aide les enfants à considérer la lecture comme un plaisir et non comme une corvée.

François Jeand’Heur
La Family.ch

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Dernière mise à jour 19 / 08 / 19